25 novembre 2007

Ouuuuh ! Internet c'est le mal !

Attention! C'est Jean-Louis Murat qui le dit: Télécharger, c'est le mal!
Comme d'habitude, un problème précis de droit mondial et français et de technologie réseau, est débattu par une joyeuse bande d'incapables.

Pour vous remettre dans le bain, je rappelle les faits: télécharger de la musique sur internet, ça fait quoi ?
Pour répondre à cette question, trois personnes sont nécessaires (en théorie, en vrai il en faudrait plusieurs centaines). Il faut comprendre qu'on parle ici de vente et de distribution mondiale, dans ces trois personnes ne sont donc pas: les chanteurs, les éditeurs, les producteurs, les managers, les politiques, les usagers. Tous ceux là peuvent avoir des avis fort intéressants sur la question, mais pas nécessaire, comprenez moi:

Les trois personnes dont j'ai besoin moi c'est: Un économiste, qui jugera de l'impact des pratiques sur l'ensemble de l'écosystème du disque (avec éco pour économie et pas écologie cette fois). En deuxième un spécialiste du droit (d'auteur, des libertés, du droit international, du droit des humains à la culture etc..). Et en dernier lieu, un spécialiste du réseau, chargé d'évaluer les mesures à prendre, en fonction de la décision des autres.

Mais qu'il soit encore une fois clair: les artiste ne sont pas concernés par ce processus, c'est comme demander à une victime dont le fil a été tué quelle peine on désire appliquer au coupable !

Ce qu'on peut reconnaître, ce qu'en tout cas je reconnais, c'est que dans l'industrie de la musique (l'industrie du disque comme les médias aiment à l'appeler) 80% de gens super côtoient 20% d'abrutis qui engrangent eux 80% de l'argent qui circule dans ce milieu laissant leurs 80 amis avec 20 graines à se partager.
C'est aussi là que la question se pose, où passe l'argent ? Nous y reviendrons.
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Alors, que dirait l'économiste ?
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Probablement que le plus coupable de la crise des ventes du disques (qui ne mérite pas franchement le nom de crise vu que les ventes ne chutent pas, mais augmentent moins vite (sic)!) c'est la société de consommation. Les artistes vont et viennent (on sait ce qu'il advient des anciens Star-Académiciens et autres Pop-Stars qui passent un à un à la trappe) de plus en plus vite. Le coup d'acheter tous les albums qu'on aime ou qu'on aimerait devient insoutenable pour le ménage français moyen vu la profusion du catalogue.
L'économiste conclurait que la situation n'est pas catastrophique, que comme le rappelle si bien cette courte enquète chez Ratiatum qui se résume à deux graphiques que voici:

Ceux qui s'en mettent plein les poches et qui se permettent souvent (et je sais ce que je dis) de tirer sur les coûts réels en particulier de fabrication et de promotion (et rappelez moi au passage ce que c'est que les frais généraux...)


L'économiste vous dirait alors que si l'on baissait les coûts de promotions qui peuvent l'être, les coûts de production qui le sont déjà dans bien des cas ainsi que d'autres (les artistes prennent le graphisme de leur album à leur charge par exemple), l'industrie du disque passant son produit phare à environ 10€ que le premier marketeux venu s'empresserait d'arrondir à 9,99€ elle repartirait probablement.

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Que dirait le médecin en droit ?
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Là, le droit français est flou, les DVD prônent évidement "Attention, vous n'avez pas le droit de louer ou de prêter ce DVD" mais le prêt n'est pas sanctionné. C'est pas vraiment permis mais ça n'est pas interdit par la loi qui est assez floue sur ce point pourtant essentiel.
S'il était philosophe il vous dirait "l'humain n'est Homme que par la culture, le droit des hommes à la culture est donc inhérent à leur condition d'étant. En effet, un homme qui n'a qu'une maison et un travail est un esclave, pas un Homme, ou alors un homme avec un petit h." L'Homme avec son grand H et ses idées c'est un étant qui est éveillé à la conscience de l'art, car il rêve c'est ce qui le fait Homme pour part (attention, débat !).
S'il ne l'est pas, il vous dira qu'on ne peut accéder à une propriété intellectuelle privée. Effectivement, la musique coûte aux artistes un temps qu'ils ne passent pas à faire caissier dans un supermarché. C'est un des seuls points sur lesquels je suis d'accord avec Jean-Louis Murat: la musique ne peut pas être gratuite parce que la vraie musique est faite par des musiciens professionnels.

Par contre, notre spécialiste du droit nous dirait que l'obtention d'un fichier est un délit en soi, télécharger un film, même si l'on ne le regarde pas c'est comme casser la porte du voisin pour pouvoir entrer chez lui à tout moment, c'est pas encore du vol mais c'est mettre la main sur la pomme.

Notre avocat nous expliquerait alors que voler c'est pas franchement bien, mais que tant que vous n'écoutez pas les chansons, il ne peut pas vous arriver grand chose légalement (pour l'instant).
Par contre renchérirait-il, si vous téléversez (uploadez // distribuiez de la musique), vous participez activement à un acte de recel, ce qui pour le coup est condamnable.
Pire encore, si vous mettez à disposition d'autres personnes des moyens de piratage, là vous êtes franchement dans la merde en vertu de l'article L-335 du Code de la propriété intellectuelle

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Demandons enfin à notre Oscar spécialiste réseau
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Le spécialiste réseau étant par définition casse couilles et assez porté sur les open source et autres économies communautaires, il commencerait par conserver tous les droits d'internet, vous rappeler que ce qui fait du net une révolution c'est sa gratuité, que contrôler internet c'est prendre un accès direct non seulement aux actions mais au subconscient des gens (leur enrichissement culturel, leur connaissances acquises etc...(je vous rappelle à ce sujet une scène de Total Recall (vive les références culturelles) dans laquelle on voit parfaitement qu'en connaissant par cœur quelqu'un qui ne vous connaît pas, on peut créer une empathie par des liens artificiels (film préféré, citation et bouffe etc...))).
Il vous dirait ensuite que si vous voulez contrôler quelqu'un, il vous faudra installer un dispositif surveillant ses communications. Or il vous rappellerait que la surveillance des moyens de communication d'un individu est soumis à des règle strictes, en particulier la mise sur écoute doit être précédée d'une procédure menant à un mandat d'enquête, on ne peut pas mettre la France entière sur écoute internet et encore mois pousser les fournisseurs d'accès à collaborer.

En effet, on sait déjà que les rapports du pouvoir avec l'internet ne sont en général pas bon, certains se rappellent peut être de la tentative d'espionnage du net via «Magic Lantern» par le FBI qui a mené à consulter des centaines d'e-mails cryptés pour raisons privées ou professionnelles que le ver de l'appendice d'état avait révélé comme potentiellement dangereux mais qui se sont TOUS avérés bénins.

Le spécialiste réseau vous dira enfin que non, l'état ne peut pas, matériellement parlant régir l'ensemble du réseau dans une zone donnée à moins d'en clôturer l'accès ce qui serait évidement au plus haut point liberticide dans le sens où cette action enfreint une disposition de la constitution française défendant le droit à l'information. C'est un des droits fondamentaux en France, par opposition par exemple avec la Chine ou la Russie où des grand pans d'actions et manipulations politiques sont dissimulés à la presse et au publique. (Même si le phénomène existe en France, il est largement moindre).
À noter que dans le cas de la Chine, la sécurité internet est assurée par une collaboration entre le gouvernement et les sociétés de technologie web présentes sur le territoire chinois.
Voir à ce sujet l'article bien renseigné de Pierre Haski sur Rue89

Encore une fois, je vous ai beaucoup parlé alors je vous laisse sur une vidéo qui vous fera rire j'espère !



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Posté par OssK à 07:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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